Consommons local et de saison

Cela peut paraître étrange pour certains, dans ce monde où l’on peut manger à peu ce que l’on veut où l’on veut et quand on veut, mais tous les fruits et les légumes ne poussent pas toute l’année. Je suis bien placé pour le savoir vu qu’il m’aura fallu 22 ans pour m’en rendre réellement compte.

Comment avons-nous vaincu les saisons ?

Je ne vais rien vous apprendre de sorcier, vous avez sans doute déjà entendu parler de comment est-ce que l’on trouve des tomates, courgettes et autres bananes toute l’année dans nos supermarchés. On retrouve principalement deux manières de faire :

  1. On fait pousser les fruits/légumes sous des serres chauffées
  2. On fait venir les fruits/légumes d’un endroit où il s’agit de la bonne saison (donc de très loin)

Quelle est la différence avec les fruits et légumes de saison ?

L’empreinte écologique

Il s’agit probablement du plus évident étant donné les manières de faire explicitées juste au-dessus.

En ce qui concerne les fruits/légumes qui poussent sous serres chauffées, on parle par exemple pour des tomates de serres dans lesquelles il doit régner une température de 18°C la nuit et 22°C le jour. Si l’on regarde par rapport aux 10°C maximum de moyenne le matin à Almeria (sud de l’Espagne) entre les mois de décembre et mars, on imagine facilement la quantité d’énergie nécessaire pour faire pousser ces tomates à la bonne température. Et encore, on parle ici du sud de l’Espagne où il fait relativement chaud toute l’année. Si l’on s’intéresse aux 200 hectares de serres à tomates dans le Finistère, on parle tous les ans d’autant de chauffage que pour l’équivalent de 100.000 personnes.

Pour ce qui est des fruits que l’on fait venir en France, bateau, avion et camion confondu, cela représentait en 2006 une consommation de près de 250.000 tonnes équivalent pétrole. Si vous avez envie de plus de chiffre, vous pouvez retrouver une étude de l’ADEME ici.

Les valeurs nutritionnelles

C’est quelque chose que j’ai découvert en faisant mes recherches, mais il faut dire que c’est assez logique quand on y pense.

Si l’on prend par exemple une banane venant de Martinique, elle met 12 jours à faire le trajet en bateau jusqu’en France Métropolitaine. Cela rend donc obligatoire de récolter cette banane avant qu’elle ne soit mûre, ou elle ne serait plus en très bon état à son arrivée. Cette banane, une fois consommée, aura donc eu moins de temps pour profiter des éléments essentiels apportés par le soleil et l’arbre sur lequel elle pousse. Bien sûr ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

J’ai la chance d’avoir des grand-parents qui ont un super potager, mais si ce n’est pas votre cas, vous n’avez peut-être jamais eu l’occasion de voir à quoi ressemble les vrais bons légumes du jardin. Si tel est le cas, SPOILER ALERT : les tomates ne sont pas toutes uniformément rouges, les courgettes n’ont pas toutes la même forme, sans parler des pommes de terre et des carottes.
Tout ça pour dire qu’énormément de produits chimiques sont utilisés pour faire en sorte que les fruits/légumes ne soient pas « moches », et que le meilleur moyen de les éviter, c’est de consommer des produits de locaux et de saison, qui sont bien souvent cultivés par des personnes plus consciencieuses que la moyenne.

Comment reconnaître les fruits et légumes de saison ?

Une méthode qui permet déjà d’éviter de faire les plus grosses erreurs est de se fier aux nombreux calendriers des fruits et légumes de saison en France, qui se multiplient actuellement (et c’est une bonne chose !). Je vous laisse ici un méli-mélo d’exemples, mais nous aurons l’occasion de vous en reparler plus en détail :

Possibles arguments contre

Mais de toute façon ils sont dans les rayons des supermarchés, donc autant les acheter sinon ça fait du gaspillage !

C’est assez culpabilisant, mais il faut s’en rendre compte, le cycle de production démarre avec la demande des consommateurs. Cela veut donc dire que si progressivement il y a moins de demande de tomate au mois de janvier, les grandes surfaces feront moins de commandes de tomates au mois de janvier, et les agriculteurs se concentreront de plus en plus à faire de la tomate à la saison des tomates.

Si vous vous inquiétez du gâchis que cela pourrait engendrer initialement, c’est tout à votre honneur ! Ce sera notre rôle de vérifier que les produits non vendus soient donnés aux plus démunis au lieu d’être jetés par exemple.

Être plus green, ça veut dire arrêter de se faire plaisir du coup ?!

La question est : est-ce que l’on ne peut plus se faire plaisir parce qu’on ne mange plus de gratin de courgette en novembre ? Bien sûr que non voyons ! En choisissant de se nourrir à partir des fruits/légumes de saison, on profite enfin pleinement des possibilités qu’ils nous donnent en tant qu’ingrédient : je peux vous assurer que vous serez surpris du nombre de recettes variés qu’il est possible de faire à partir d’un même légume.

Et même si, au milieu de l’hiver, vous avez une terrible envie de gratin de courgette, je peux vous garantir que lorsque vous le dégusterez au mois de juin, il n’en sera que meilleur !

Sources

1 thought on “Consommons local et de saison

  1. Pingback: Mois de Juin – HTBG

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